Blog

18
Nov

Aider bébé à sortir ses gaz

Aider son bébé à sortir ses gaz

Voici un petit film qui vous permettra de revisiter un geste souvent utilisé mais dont l’efficacité reste très discutable. Vous allez découvrir et comprendre qu’il est facile d’en améliorer les effets ce qui soulagera votre bébé

Vous avez couché votre bébé sur le dos pour l’aider à sortir ses gaz. Vous utilisez ses deux jambes mises en position de lotus afin d’appuyer sur son ventre et ainsi augmenter la pression interne. Ce qui est supposé favoriser une meilleure sortie des gaz.

Film à lire ci dessous – cliquer sur « Sortir ses gaz »

gaz position

En fait, le bébé va réagir à votre appui sur ses jambes par une force de direction opposée. Si vous effectuez des petits gestes de circonvolution avec les jambes, cela risque de renforcer encore sa réaction inappropriée et rendre inefficace la poussée de ses abdominaux et de son diaphragme nécessaire pour diriger la pression dans son ventre et favoriser la sortie des gaz.

Lire la suite

08
Nov

sommeil bébé et son accouchement

Bébé peut il dormir pendant son accouchement ?

M.J. Challamel (chercheuse à l’INSERM) et M. Thirion (pédiatre) ont participé, il y a quelques années avec une équipe obstétricale de Lyon à une étude fort intéressante. Qu’en est il du sommeil du bébé pendant son accouchement? Celle-ci montrait que :

Le bébé dort pendant l’accouchement. Il ne se réveille qu’au moment des contractions utérines les plus fortes et de l’expulsion.

Le premier signe de souffrance de l’enfant au cours de l’accouchement est son réveil. Tant qu’il est bien, il dort. S’il a un problème, il se réveille.

L’accouchement ne serait il pas ce qui est communément dit « une épreuve de souffrance pour tous les bébés »?

Enfin, et c’est là un point essentiel. Cette étude a montré que les sédatifs donnés à la mère pendant l’accouchement dépriment très vite le système nerveux central du futur nouveau-né avec des modifications évidentes de l’électroencéphalogramme.

Source : Prosom MJ Challamel, M. Thirion – Inserm Lyon

08
Nov

pleurs du soir

Pleurs du soir

Un pleur spécifique à connaître et reconnaître, un état de dystonie

Tu pleurs

Toujours à la même heure

Tous les jours

Mon amour

 

Les pleurs du soir s’expriment par des crises souvent intenses, qui surviennent quotidiennement et toujours durant une tranche horaire qui commence en fin d’après midi. Ils ont de nombreuses appellations « dystonies du soir », « malaise du soir », « coup de lune », « désespoir du soir », « emballement du système d’éveil » ou encore « spleen du bébé ».

Unknown

Ces crises sont caractérisées par des pleurs dits « incoercibles », c’est-à-dire que rien ne peut les calmer. Toutes les solutions mise en œuvre par les parents s’avèrent la plupart du temps sans effet.

Les dysrythmies apparaissent le plus souvent à partir de la troisième semaine, ont une durée moyenne de trois heures et disparaissent spontanément au troisième mois. Toutefois, en dehors de ces moyennes, il peut y avoir de grandes disparités d’apparition, de disparition et surtout de durée.

En particulier, les crises durent et s’allongent en heure proportionnellement à l’intensité des émotions générées par cette situation, si les parents se laissent « embarquer à la dérive par les pleurs dans une situation d’émotions et de stress personnels ».

Ces pleurs, lorsqu’ils sont situés précisément dans ce créneau horaire, ne présentent aucun signe alarmant. A la différence des autres pleurs, ils ne sont pas un appel, ils ne signifient pas qu’il faille répondre à un besoin comme l’endormissement, la faim, la douleur, l’angoisse ou l’inconfort, et les parents ne peuvent pas les empêcher ou les arrêter.

 

Madame THIRION Pédiatre auteur d’un livre sur le sommeil nous livre en philosophe, cette merveilleuse remarque. « C’est le plus beau cadeau qu’un enfant puisse donner à ses parents, à sa maman. Qu’elle sache qu’elle ne peut pas tout faire pour son enfant ». Nous ne pourrions rajouter que ce pleur est « un cadeau très précoce ».

Si les parents comprennent à quoi correspondent ces pleurs, s’ils arrivent à leur donner sens. Ils peuvent les entendre avec beaucoup plus de sang froid, sans laisser s’emballer leur imagination et leurs émotions (ce que le bébé ressentira évidemment). Le sentiment d’impuissance dans cette situation peut être très pénible et dévalorisant pour les parents. La plus mauvaise solution pour cette situation est d’imaginer devoir et pouvoir faire cesser les pleurs. Ce qui risque fort de mettre en danger sa confiance en soi.

Ils pourront au contraire essayer de trouver une façon personnelle d’apaiser le bébé, d’être présent et de l’accompagner durant cette période transitoire. Ils peuvent dire au bébé qu’ils entendent son pleur et qu’il peut l’exprimer si c’est son besoin.

C’est la mise en place de situations « calmantes » pour tous, telles que le bain, le maintien d’un environnement calme, les paroles, les bercements dans les bras, parfois cela finira en tours de poussette ou en voiture (boulevard périphérique)!!! Ces méthodes peuvent peut être aider l’enfant à retrouver un peu de calme mais si cela ne marche pas, ce n’est ni le signe d’une incompétence, ni d’un échec personnel pour les parents.

Attention, même si cela part d’une bonne intention pour « couper » les pleurs, donner le sein peut s’avérer aussi une solution inappropriée à court terme et moyen terme.

16
Oct

Un pleur utile pour s’endormir?

On me dit « mon bébé ne pleurs jamais ». J’entends « mon bébé n’a pas le temps de pleurer. ».

bébé en position foetale confortable!

bébé endormi en position foetale

Le maternage actuel semblerait devoir être soumis à une pensée unique celle du moment…

Dans ce modèle de maternage, il serait totalement exclu l’idée de laisser pleurer un bébé. Ne serait ce que quelques minutes. Il faut donc être vigilant(e) pour essayer d’anticiper les pleurs du bébé et les couper au plus vite tant que cela est possible au risque bien sûr de ne pas pouvoir décoder les différents pleurs et agir selon le besoin du bébé. Cependant comme dans toute règle qui se veut exhaustive, il existe peut être une exception.

Pleurer serait il utile et nécessaire à l’endormissement des bébés? 

Il est une évidence pour les parents. Les pleurs sont un obstacle majeur à l’endormissement de leur nourrisson. C’est du bon sens, un bébé qui pleurs va s’énerver et ne pourra pas s’endormir. D’où la nécessité de devoir absolument couper les pleurs pour aider le bébé à s’endormir. Afin d’atteindre ce but d’anticiper ou calmer les pleurs, il existe deux moyens usuels: la mise au sein, prendre le bébé dans les bras. Le parent va alors endosser la mission d’endormir le bébé dans les bras  sommeil de contact mais cette solution a un prix. Dès que le parent souhaitera le poser, endormi sur un couchage, dans la très grande majorité des cas, il se réveillera immédiatement. sommeil bébé. Pourtant il semblait si lourd et bien endormi.

Il est un détail très important qui pourrait convaincre les derniers septiques. Ce schéma dans lequel de nombreux parents se sont reconnus n’existe que durant les phases d’endormissement pendant la journée. La nuit cela se passe beaucoup plus facilement pour le poser dans son berceau après qu’il ai fini de manger.

Ce schéma est présent (plus ou moins) pendant  les quatre premiers mois (et c’est curieux mais aussi avant 6 semaines quand le bébé ne différentie pas nuit et jour)!

La suite dans quelques jours. Devons nous le laisser pleurer?

 

15
Nov

Posture et poste informatique

Nous avons créé un module de formation pour les entreprises sur le thème de  » bien conduire son poste informatique ».

Un regard d’ostéopathe.

Cette formation a entièrement été conçue grâce aux observations et expériences que nous avons acquises grâce à nos patients qui venaient nous consulter et travaillaient avec un poste informatique.

Nous établissons une relation dans la conduite d’un poste informatique entre la qualité d’attention/concentration que nous sommes capables de porter à notre travail et nos obligations et compétences visuelles. Nous réalisons avec chacun (un dessin) une carte de toutes les fonctions (multitâches) qu’il doit effectuer pour organiser au mieux son environnement, être efficient, performant tout en limitant sa fatigue.

La posture se reflète dans cette interactivité.

 

Il y a un mois, le service médical du Group Hager à Obernai nous a invité à présenter ce travail. L’enquête de satisfaction auprès des participants nous a confirmé dans le format, l’intérêt suscité et la pertinence de cette formation. Notre équipe va s’étayer d’un opticien qui viendra enrichir notre proposition.

IMG_1794

21
Nov

BIBERON BIEN LE DONNER

c'est le pied de boire un petit coup sans gaz.

c’est le pied de boire un petit coup sans gaz.

Donner le biberon s’apprend et peut rapporter gros.

Notre expérience d’ostéopathe spécialisé auprès des nouveau-nés, nous a permis de développer une méthode originale et efficace pour donner le biberon afin de réduire de façon très importante les gaz ingérés. Cette nouvelle manière de donner le biberon a été expérimentée avec succès par des centaines de parents. Nous vous proposons ce tutoriel pour que vous puissiez vous aussi appliquer cette méthode qui peut changer la vie de votre bébé et bien sûr aussi la vôtre.

Moins de gaz chez un bébé.

Nous constatons une diminution immédiate des coliques, des pleurs. Cela permet une réduction de certains  reflux, un endormissement plus facile avec un sommeil de meilleure qualité, plus stable, le bébé est moins agité, nerveux. Boire son biberon devient satisfaisant, il contrôle bien son biberon, il est en sécurité et se détend.

La succion en pincement (symbole de la succion passive au biberon) est abandonnée.

Son étanchéité était médiocre entraînant l’utilisation d’une dépression intra buccale minimale. Une dépense énergétique peu rentable, frustrante et fatigante.

Une succion active en ouverture de bouche apparait.

Lorsque le bébé redevient actif en aspirant son biberon avant de commencer sa succion/déglutition. Il met en oeuvre une excellente étanchéité sur sa tétine, cela signifie qu’il a créé et utilise une puissante dépression intra buccale. Le processus de succion qui en résulte est très différent dans sa forme, dans ses effets et son efficacité.

La bouche s’ouvre en grand, le menton descend et avance. Les appuis et forces musculaires dans la bouche sont plus équilibrés favorisant une bonne croissance du squelette facial. Cette stimulation des os des voûtes nasales favorisera leur développement et une meilleure respiration nasale.

La succion est efficace, rentable et satisfaisante.

Le bavoir devient inutile.

Nous ne voyons plus de lait couler aux commissures des lèvres.

 La tétine nous intéresse en fonction de ses formes qui doivent être favorisante pour que le bébé puisse créer une étanchéité. La forme doit être adaptée à la taille de la bouche, à la possibilité d’ouverture de celle-ci.

Le débit doit être adapté à la fluidité du lait, à l’effort et à la puissance d’aspiration.

Nous vous proposerons en collaboration  dans un autre article rédigé en commun avec nos spécialistes de la puériculture, nos observations et nos propositions.

Ce qui est fondamental, c’est l’action de la personne qui en proposant le biberon au bébé l’oblige à le maintenir de façon continu en bouche par aspiration. Dès que cette aspiration devient trop faible le biberon est totalement retiré de la bouche puis sera remis en bouche.

Si dans toutes les publicités, les tétines sont physiologiques et ressemblent au sein, vous ne trouverez personne pour trouver un sein qui ressemble aux tétines!

 

03
Mai

plagiocéphalies, les cale bébés latéraux?

Journée mondiale des plagiocéphalies et autres déformations

Série d’articles sur  : les plagiocéphalies et principes mécaniques

Question du jour

Est ce utile d’utiliser un cale bébé latéral?

Les parents et les thérapeutes doivent être conscients que coucher un bébé sur le côté (sans cale) ne signifie pas qu’il est en position « latérale de sécurité ».

Il y a un réel risque de retournement sur le ventre chez un certain nombre de nouveau-nés. La flexion des membres positionnés en avant du corps durant les deux premiers mois, n’est pas suffisante et fiable pour croire qu’il ne peut basculer sur le ventre.

Lire la suite

14
Avr

2 FAMILLES DE PLAGIOCEPHALIES ET CHIGNONS

 

Journée mondiale des plagiocéphalies 2016

5 e article de la série les plagiocéphalies principes mécaniques

Différentier les plagiocéphalies mieux les connaître, mieux les prévenir et les traiter.

Les chignons

Notre objectif est de mettre en œuvre une prévention et une thérapeutique adaptées à chaque cas de plagiocéphalies. Il existe des plagiocéphalies très différentes. Il est important de savoir les différentier et pouvoir établir leur identité. Pour cela nous avons commencé à établir des tableaux cliniques.

Ces tableaux listent : les origines, les éventuels moyens de prévention, les mesures utiles d’aménagement de l’environnement, les cas où le repositionnement sera possible et efficace, les traitements adaptés, les évolutions que les parents sont en mesure d’attendre et à quels moments, les éventuels effets secondaires futurs. Pour dresser un bilan complet, ces caractéristiques doivent être mise en relation avec l’âge du bébé et l’amplitude de la déformation.

Tous ces éléments techniques permettent d’établir un dialogue plus efficace entre les professionnels de santé.

Elle permet aussi de répondre dans un langage compréhensible aux questions légitimes des parents. C’est la meilleure façon de les responsabiliser pour faire ce qu’au quotidien, ils sont les seuls à pouvoir faire.

Ce dessin montre des localisations différentes de ce que nous appelons  « le chignon » .

formes globales ou platitude

formes globales ou platitude

Lire la suite

10
Avr

#1 TRANSAT, COSY, COCON Plagiocéphalie

Journée mondiale des plagiocéphalies 2016

 

3e article de la série les plagiocéphalies

Encore une observation biomécanique simple.

Nous avons séparé cette observation biomécanique des trois premières. Car à présent, la forme du support de la tête n’est plus plate mais inclinée. C’est ce qui se passe lorsque nous posons le bébé dans un cosy, un cocon, un transat, un pouf ou si nous glissons un oreiller, un plan incliné ou un système de cales sous sa tête. Les bébés prennent des positions qui ne sont pas sans rappeler la position fœtale et une évocation des images symboliques de confort, douceur et sécurité.

Mais cette prolongation de la position fœtale, sorte de 4e trimestre de grossesse est elle si bénéfique pour le bébé ? Observons les effets mécaniques et l’intensité des forces qu’impose cette position sur le crâne, les cervicales, les tissus du cou et la posture du corps en général.

Nous avons déjà vu que sur un support plat quand le bébé a la tête dans l’axe, celle-ci est fléchie et projetée en avant. Avec un support incliné, la position va encore plus dépendre de la forme arrière du crâne, la flexion et la projection de la tête sont majorées. (cela se traduit visuellement par le menton qui se rapproche du sternum). Observons cette position.

  • A l’avant, le cou disparaît passivement plus ou moins complétement (c’est l’image de la grenouille sans cou ou du double menton). L’espace du cou est fermé et sous tension.
  • A l’arrière, les forces appliquées au niveau de la zone de contact sont augmentées et les tensions seront majorées dans tous les tissus du cou et du haut du dos.
  • Cette position en flexion plus ou moins forte de la tête a aussi pour conséquence de raccourcir la longueur des muscles qui permettent la rotation de la tête. Ces muscles auront alors d’autant plus de difficulté à être actifs. La tête va rester encore plus immobile.

trois positions tête selon inclinaison du support

A l’évidence, le bébé pour retrouver un peu de confort, va essayer d’échapper à ses sensations désagréables. Il va fuir les tensions d’étirements perçues sur l’arrière de sa nuque. Son unique solution est de se mettre passivement en position de rotation sur un côté et d’inclinaison de l’autre côté. Mais cela n’est pas sans créer des effets secondaires. Les tissus digestifs et respiratoires de la partie antérieure du cou seront en torsion. Durant les phases de sommeil, le bébé plus hypotonique, risque de laisser passivement retomber sa tête en avant.

Surtout, cette position est celle qui favorise exactement l’aplatissement de la partie arrière latérale du crâne que nous retrouvons dans la plagiocéphalies posturales post naissance.

Dans la photo ci dessous. Vous pouvez observer dans un cosy la position de tête de deux jumeaux. Celui de droite à un crâne beaucoup plus long, ils ont chacun cherché une position confortable entre les cales latérales.

jumeaux aux crânes différents

jumeaux aux crânes différents

Réponse à la question du jour : 

Mon bébé aime toujours être en boule? Est ce que cela peut être gênant.

Durant les premières semaines, il est tout à fait normal qu’un bébé garde une position qui soit le prolongement de celles de la vie foetale, en flexion et regroupement. Retrouver ses références posturales sécurise et rassure le bébé confronté à la gravité depuis sa naissance.

Cependant cette forme générale du corps et de la tête ne nous renseigne pas sur la liberté de mouvement du bébé pour pouvoir adopter des positions adaptées ou imposées par ses nouvelles conditions de vie. Schématiquement, le corps du nouveau-né est constitué d’une somme de volumes articulés les uns aux autres (une sorte de bibendum Michelin). Cette somme de ballons va subir pendant la grossesse ou lors de l’accouchement des contraintes mécaniques d’étirement, de compression, de cisaillement. Ces forces  douces ou fortes vont laisser dans le corps différentes empreintes tissulaires.

Le nouveau-né va devoir lutter contre la gravité qui le plaque au sol et contre certaines positions qui créent des tensions musculaires, certains mouvements seront difficiles à réaliser.

Beaucoup de bébés supporteront très mal la position couchée à plat car leur corps sous les effets de la gravité devra obligatoirement s’ouvrir et cela créera des tensions désagréables. Lorsque nous trouvons la zone lombaire pliée sur elle même, il est possible que le bébé présente une constipation. Si le bébé a un problème de succion, il est très fréquent de trouver une compression entre le crâne, le cou et le thorax. Le bébé a un cou de grenouille. Si la tête ne peut se fléchir sur le cou, cela rendra la position de sommeil désagréable si le support est surélevée comme dans un transat.

Le bassin comprimé sur le bas du dos  ne s’enroulera pas et pourra perturber ou retarder l’acquisition du retournement sur le ventre. Le corps figé en forme de virgule crée une tension sur la tête et favorisera un allaitement facile sur un sein du côté fermé et rendra difficile celui-ci sur l’autre sein. La tension globale du corps comprimé en boule dans un utérus trop tonique augmentera le seuil de réactivité du bébé, il pleurera beaucoup plus facilement et fréquemment.

image accordéon

Nous ne pourrons pas ouvrir, fermer mettre en rotation le corps comme lorsque nous jouons d’un accordéon.

Nous pourrions décliner une longue liste de limitations de mouvements qui peuvent avoir un effet sur la qualité de vie et de confort du bébé.

Le bébé est souvent naturellement en position foetale mais il doit pouvoir être libre de fermer ou ouvrir son corps, de s’allonger etc. Tous ces mouvements doivent être testés, s’ils sont limités ou asymétriques, il faut les corriger. La modification de mobilité du corps du bébé doit être visuelle pour les parents au cours de la séance.

4e article de la série. #2 Suite article transat,cosy, cocon, pouf.

 

 

06
Avr

Plagiocéphalies = Tête toujours immobile?

La journée mondiale de la plagiocéphalie 2016

Article n°2 de la série plagiocéphalies: 

Plagiocéphalies : Les constats mécaniques

Quelques observations très simples, sur des principes mécaniques qui nous ont aidé à comprendre la posture (prise de position statique) et la liberté de mouvement (très réduite) de la tête du bébé quand il est couché à plat, sur le dos.

Le nouveau-né doit, ne peut et ne veut pas lutter contre la gravité.

Trois images schématiques

  • Rôles de la forme de la tête et de sa position par rapport au corps. Image du chignon.

 

La forme de la tête des nouveau-nés est généralement assez longue. La longueur arrière du crâne est relativement plus importante que celle de la partie antérieure avec la face.

A ceci s’ajoute le fait que le volume de la tête est en arrière relativement à la position du dos. (La nuque n’a physiologiquement aucune courbure puisque celle-ci sera acquise avec la posture debout).

Ces deux constats nous amènent à dire que le bébé a une forme de crâne qui serait comparable à celle d’un adulte avec un chignon à l’arrière et qu’il devra bouger sa tête avec cette forme particulière.

analogie dans la longueur

analogie dans la longueur

 

Pour avoir une meilleure compréhension,

plagiocéphalies la ligne du dos coupe l'arrière tête.

la ligne du dos coupe l’arrière tête.

il suffit de coucher sur le côté le nouveau-né, dans sa position naturelle. Vous constatez immédiatement et toujours que l’arrière de sa tête dépasse très largement la ligne de son dos.

 

 

 

Quand vous le remettez sur le dos, la tête dans l’axe est obligée de s’aligner sur la partie arrière du dos, elle doit avancer, elle est projetée en avant et se fléchie obligatoirement sur le cou.

 

plagiocéphalies tete projetee en avant

tête projetée en avant par sa forme arrière

Visualisez maintenant, une femme qui a un gros chignon à l’arrière de son crâne. Elle est assise dans un siège de TGV. Sa tête sera obligatoirement projetée en avant et fléchie. Pour obtenir stabilité et confort, elle mettra le chignon sur un côté, la tête en rotation. Le bébé couché vit exactement la même situation.

  • Recherche de stabilité et image de l’oeuf vertical.

Si vous posez un œuf vertical, il y a très peu de chance qu’il puisse rester dans cette position. Il va basculer sur le côté car cette position sera statique et stable.

Par contre, si on pouvait aplatir la base de l’œuf, celui-ci pourrait rester vertical sa surface de contact avec le sol serait suffisamment large pour permettre un équilibre statique, plus stable. La tête du bébé quand elle est dans l’axe ne partage qu’une toute petite surface de contact avec le matelas. Cette position est très instable, difficile à maintenir. Il préfère la laisser rouler sur le côté.

  • Un handicap mécanique qui réduit l’amplitude du mouvement (film du marteau)

Nous avons vu comment le placement de la tête du bébé sur le côté, lui est imposé pour résoudre des problèmes de stabilité et de confort. Maintenant, pourquoi ne peut il pas facilement la tourner, en fait la faire rouler et glisser vers l’autre côté ?

La forme arrière de son crâne est un véritable handicap mécanique qui lui impose un véritable effort dans la rotation vers le côté opposé. Il doit faire rouler et glisser sa tête, tout en la faisant monter pour esquiver la forme de chignon. L’appétence pour regarder de l’autre côté est rarement suffisante pour que le bébé est envie de réaliser ce mouvement complexe qui demande énergie et coordination motrice. Le conseil de la stimulation sensorielle est presque toujours inadapté dans les premières semaines.

Sur le petit film vous pouvez voir ce qui se passe mécaniquement avec l’analogie du mouvement de rotation d’un marteau en appui sur sa partie postérieure lorsqu’il passe d’un côté à l’autre et la force que cela demande pour monter et se mettre dans l’axe.

NB : le mouvement de glissement est absent mais cela ne change pas la démonstration.

 

Question du jour n°2.

On m’a dit de repositionner la tête de mon bébé de l’autre côté, le plus souvent possible. Pourquoi cela ne marche pas?

  • La rotation préférentielle peut être uniquement due à une cause biomécanique.

A l’arrière du crâne, il existe une partie plate décalée par rapport à l’axe central. Le bébé se pose sur elle et a naturellement le visage qui regarde sur un côté.

plagiocéphalies forme globale en banane convexe à gauche

forme globale en banane convexe à gauche

C’est  la forme globale de la tête est asymétrique, Il n’existe pas forcément de partie plate à l’arrière crâne.

Nous observerons toujours la même réponse du bébé qui recherche une position statique. Il la trouve sur le côté. L’adoption de cette position est d’autant plus adaptée qu’elle apporte une perception de grand confort au bébé.

 

  • Nous pouvons aussi trouver une cause plus physiologique qui peut exister de façon isolée mais elle est le plus fréquemment associée à la cause biomécanique. Il existe dans le corps du bébé une sorte de ressort, une tension tissulaire contraignante qui ne peut se détendre que par la rotation de la tête vers un côté.

Si la tête est tournée du côté opposé, la tension augmente et peut devenir désagréable ce que le bébé va bien sûr tenter d’éviter.

Ces deux causes ensembles entraînent ce que nous appelons couramment la rotation préférentielle de la tête. Si l’asymétrie du crâne est très forte ou si le ressort est très puissant, cela explique pourquoi dans certains cas, le repositionnement de la tête du côté opposé est totalement inefficace, voué à l’échec.

Le repositionnement est désagréable, inconfortable, perturbant. Dès que la tête est posée sur l’autre côté, le bébé s’empresse de la replacer du bon côté.

Nous aimerions partager « l’optimisme » de ceux qui préconisent uniquement le repositionnement systématique de la tête du côté opposé.

La réduction de la tension de ce ressort est un des objectifs thérapeutiques obligatoires pour un traitement efficace des plagiocéphalies. La nature du ressort demanderait un article à lui tout seul.

3e article de la série des plagiocéphalies 

Encore de la mécanique : Plagiocéphalie et tête surélevée par un support incliné.