Tag: plagiocéphalie

04
Avr

plagiocéphalie post naissance

Plagiocéphalie posturale post naissance

Un nouveau-né, posé sur le dos, bouge sa tête avec un mouvement spécifique de roulement/glissement. La tête roule selon la forme de l’arrière crâne (comme une roue) pour aller de droite à gauche. D’autre part la partie arrière du crâne effectue un glissement dans une direction opposée au mouvement de rotation. Tout obstacle à l’un de ces mouvements demandera au bébé un effort et un contrôle musculaire qu’il ne peut pas acquérir généralement avant la fin du deuxième mois.

Il en résulte que si le couchage du bébé ne propose pas des conditions biomécaniques favorables pour une réalisation sans effort de ces mouvements. Il ne pourra adopter qu’une position en rotation sur le côté. Certes la position est très stable et le côté choisi répond à la meilleure sensation de confort. Cependant cette posture économique impose une immobilité de la tête en appui sur une même et unique zone osseuse. C’est la cause la plus facilement identifiable de création d’une déformation du crâne sous son propre poids.

 

plagiocéphalie posturale

forme du crâne chez le même bébé à la naissance en photo au début de cet article !!

Le matelas « BIBED » par ses formes est le seul moyen de couchage qui a été conçu pour permettre une liberté et une spontanéité de mouvement de la tête durant cette période des premiers mois. Redonner au bébé la capacité de bouger régulièrement son crâne sans effort et ainsi modifier ses points d’appui est le moyen le plus efficace de prévention des plagiocéphalies posturales postérieures post naissance.

Aucun bébé n’a une liberté et une spontanéité de mouvement de sa tête avant deux mois environ lorsqu’il est couché sur le dos. C’est durant cette période que ce type de plagiocéphalie se fabrique.

Le mouvement de roulement est entièrement dépendant de la forme arrière du crâne et de celle du support où la tête est posée. Si nous assimilons l’arrière du crâne à une roue. Toute déformation ou asymétrie de cette roue sera en mesure de perturber l’effort du cycliste et le mouvement du vélo. La fluidité du glissement quant à lui dépendra essentiellement de la qualité physique du support de couchage.

Tout système qui tente d’imposer (cale tête) une position de correction statique est voué à l’échec.

L’efficacité du repositionnement dans ce type de plagiocéphalie sera totalement dépendante du degré de désagrément perçu par le bébé lorsque sa tête est en rotation gauche ou droite. Ses possibilités de mouvements sont entièrement sous la dépendance de la loi du moindre effort.

Série d’articles sur les plagiocéphalies Journée mondiale 2016

Nous vous invitons à relire nos neuf articles sur les plagiocéphalies et spécifiquement celui qui utilise l’image du chignon.

03
Mai

plagiocéphalies, les cale bébés latéraux?

Journée mondiale des plagiocéphalies et autres déformations

Série d’articles sur  : les plagiocéphalies et principes mécaniques

Question du jour

Est ce utile d’utiliser un cale bébé latéral?

Les parents et les thérapeutes doivent être conscients que coucher un bébé sur le côté (sans cale) ne signifie pas qu’il est en position « latérale de sécurité ».

Il y a un réel risque de retournement sur le ventre chez un certain nombre de nouveau-nés. La flexion des membres positionnés en avant du corps durant les deux premiers mois, n’est pas suffisante et fiable pour croire qu’il ne peut basculer sur le ventre.

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01
Mai

plagiocéphalies Arrêtez de caler ma tête 2

Journée mondiale des plagiocéphalies et autres déformations 2016

2ème partie

Le calage ne ferait il pas partie du monde de l’illusion? Cela n’échappe pas à la vision commune des plagiocéphalies.

Nous imaginons qu’en maintenant ainsi la tête dans l’axe, elle pourrait y rester ensuite sans calage (par magie). La tête est posée comme un œuf dans un coquetier. Malheureusement, si nous enlevons le support, la tête, comme l’œuf va rouler sur le côté pour retrouver une stabilité purement statique.

Le calage a une place très particulière dans l’imaginaire collectif et les représentations culturelles que nous nous faisons des bébés.

plagiocéphalies, encore quelques cales?

Encore quelques cales?

Ce sont des petits êtres fragiles, en porcelaine, petit bijou mis (ou présenté) dans un joli écrin.

Leurs propres mouvements pourraient s’avérer être dangereux pour leur intégrité. Ils doivent être mis dans des espaces limités, clos. Leur environnement doit les préserver d’eux mêmes, de dangers fantasmatiques. Ils doivent être calés de partout. Tout ceci trouve sa justification dans un discours sur le retour à une sécurité foetale et aussi sur la sécurité qui devient une priorité dans le maternage et la société.
Le bébé ne doit pas bouger.

Le bébé est une représentation sociale de ses parents. Il doit être parfait. La présence de n’importe quelles déformations du corps renvoie à l’image de la difformité, à une sorte de tare ! Pourtant, l’asymétrie est une expression commune et naturelle de la vie, il n’existe pas de visages symétriques.Lire la suite

14
Avr

2 FAMILLES DE PLAGIOCEPHALIES ET CHIGNONS

 

Journée mondiale des plagiocéphalies 2016

5 e article de la série les plagiocéphalies principes mécaniques

Différentier les plagiocéphalies mieux les connaître, mieux les prévenir et les traiter.

Les chignons

Notre objectif est de mettre en œuvre une prévention et une thérapeutique adaptées à chaque cas de plagiocéphalies. Il existe des plagiocéphalies très différentes. Il est important de savoir les différentier et pouvoir établir leur identité. Pour cela nous avons commencé à établir des tableaux cliniques.

Ces tableaux listent : les origines, les éventuels moyens de prévention, les mesures utiles d’aménagement de l’environnement, les cas où le repositionnement sera possible et efficace, les traitements adaptés, les évolutions que les parents sont en mesure d’attendre et à quels moments, les éventuels effets secondaires futurs. Pour dresser un bilan complet, ces caractéristiques doivent être mise en relation avec l’âge du bébé et l’amplitude de la déformation.

Tous ces éléments techniques permettent d’établir un dialogue plus efficace entre les professionnels de santé.

Elle permet aussi de répondre dans un langage compréhensible aux questions légitimes des parents. C’est la meilleure façon de les responsabiliser pour faire ce qu’au quotidien, ils sont les seuls à pouvoir faire.

Ce dessin montre des localisations différentes de ce que nous appelons  « le chignon » .

formes globales ou platitude

formes globales ou platitude

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10
Avr

#1 TRANSAT, COSY, COCON Plagiocéphalie

Journée mondiale des plagiocéphalies 2016

 

3e article de la série les plagiocéphalies

Encore une observation biomécanique simple.

Nous avons séparé cette observation biomécanique des trois premières. Car à présent, la forme du support de la tête n’est plus plate mais inclinée. C’est ce qui se passe lorsque nous posons le bébé dans un cosy, un cocon, un transat, un pouf ou si nous glissons un oreiller, un plan incliné ou un système de cales sous sa tête. Les bébés prennent des positions qui ne sont pas sans rappeler la position fœtale et une évocation des images symboliques de confort, douceur et sécurité.

Mais cette prolongation de la position fœtale, sorte de 4e trimestre de grossesse est elle si bénéfique pour le bébé ? Observons les effets mécaniques et l’intensité des forces qu’impose cette position sur le crâne, les cervicales, les tissus du cou et la posture du corps en général.

Nous avons déjà vu que sur un support plat quand le bébé a la tête dans l’axe, celle-ci est fléchie et projetée en avant. Avec un support incliné, la position va encore plus dépendre de la forme arrière du crâne, la flexion et la projection de la tête sont majorées. (cela se traduit visuellement par le menton qui se rapproche du sternum). Observons cette position.

  • A l’avant, le cou disparaît passivement plus ou moins complétement (c’est l’image de la grenouille sans cou ou du double menton). L’espace du cou est fermé et sous tension.
  • A l’arrière, les forces appliquées au niveau de la zone de contact sont augmentées et les tensions seront majorées dans tous les tissus du cou et du haut du dos.
  • Cette position en flexion plus ou moins forte de la tête a aussi pour conséquence de raccourcir la longueur des muscles qui permettent la rotation de la tête. Ces muscles auront alors d’autant plus de difficulté à être actifs. La tête va rester encore plus immobile.

trois positions tête selon inclinaison du support

A l’évidence, le bébé pour retrouver un peu de confort, va essayer d’échapper à ses sensations désagréables. Il va fuir les tensions d’étirements perçues sur l’arrière de sa nuque. Son unique solution est de se mettre passivement en position de rotation sur un côté et d’inclinaison de l’autre côté. Mais cela n’est pas sans créer des effets secondaires. Les tissus digestifs et respiratoires de la partie antérieure du cou seront en torsion. Durant les phases de sommeil, le bébé plus hypotonique, risque de laisser passivement retomber sa tête en avant.

Surtout, cette position est celle qui favorise exactement l’aplatissement de la partie arrière latérale du crâne que nous retrouvons dans la plagiocéphalies posturales post naissance.

Dans la photo ci dessous. Vous pouvez observer dans un cosy la position de tête de deux jumeaux. Celui de droite à un crâne beaucoup plus long, ils ont chacun cherché une position confortable entre les cales latérales.

jumeaux aux crânes différents

jumeaux aux crânes différents

Réponse à la question du jour : 

Mon bébé aime toujours être en boule? Est ce que cela peut être gênant.

Durant les premières semaines, il est tout à fait normal qu’un bébé garde une position qui soit le prolongement de celles de la vie foetale, en flexion et regroupement. Retrouver ses références posturales sécurise et rassure le bébé confronté à la gravité depuis sa naissance.

Cependant cette forme générale du corps et de la tête ne nous renseigne pas sur la liberté de mouvement du bébé pour pouvoir adopter des positions adaptées ou imposées par ses nouvelles conditions de vie. Schématiquement, le corps du nouveau-né est constitué d’une somme de volumes articulés les uns aux autres (une sorte de bibendum Michelin). Cette somme de ballons va subir pendant la grossesse ou lors de l’accouchement des contraintes mécaniques d’étirement, de compression, de cisaillement. Ces forces  douces ou fortes vont laisser dans le corps différentes empreintes tissulaires.

Le nouveau-né va devoir lutter contre la gravité qui le plaque au sol et contre certaines positions qui créent des tensions musculaires, certains mouvements seront difficiles à réaliser.

Beaucoup de bébés supporteront très mal la position couchée à plat car leur corps sous les effets de la gravité devra obligatoirement s’ouvrir et cela créera des tensions désagréables. Lorsque nous trouvons la zone lombaire pliée sur elle même, il est possible que le bébé présente une constipation. Si le bébé a un problème de succion, il est très fréquent de trouver une compression entre le crâne, le cou et le thorax. Le bébé a un cou de grenouille. Si la tête ne peut se fléchir sur le cou, cela rendra la position de sommeil désagréable si le support est surélevée comme dans un transat.

Le bassin comprimé sur le bas du dos  ne s’enroulera pas et pourra perturber ou retarder l’acquisition du retournement sur le ventre. Le corps figé en forme de virgule crée une tension sur la tête et favorisera un allaitement facile sur un sein du côté fermé et rendra difficile celui-ci sur l’autre sein. La tension globale du corps comprimé en boule dans un utérus trop tonique augmentera le seuil de réactivité du bébé, il pleurera beaucoup plus facilement et fréquemment.

image accordéon

Nous ne pourrons pas ouvrir, fermer mettre en rotation le corps comme lorsque nous jouons d’un accordéon.

Nous pourrions décliner une longue liste de limitations de mouvements qui peuvent avoir un effet sur la qualité de vie et de confort du bébé.

Le bébé est souvent naturellement en position foetale mais il doit pouvoir être libre de fermer ou ouvrir son corps, de s’allonger etc. Tous ces mouvements doivent être testés, s’ils sont limités ou asymétriques, il faut les corriger. La modification de mobilité du corps du bébé doit être visuelle pour les parents au cours de la séance.

4e article de la série. #2 Suite article transat,cosy, cocon, pouf.